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Don't be afraid, Alyssa…



1998, nouvel opus de Clock Tower mais changement de direction radical d’un point de vu de l’histoire. Au placard les Jennifer Simpson et autres Scissorman, la nouvelle trame scénaristique introduit son lot de personnages inédits, avec au premier plan Alyssa Hale (Yû Midôshima, dans la version jap.), adolescente comme les autres, à un détail près : celle-ci possède une double personnalité. Son côté obscur étant matérialisé par un esprit froid et sadique répondant au doux nom de Bates. (Shô, en version jap.) Celui-ci, dès qu’il prend possession du corps d’Alyssa lui permet d’effectuer certaines actions que ne pourrait faire la jeune adolescente en temps normal, comme se battre ou tenir une arme. Heureusement pour Alyssa, elle peut contrôler son double maléfique grâce à une amulette qu’elle doit garder en permanence sur elle.

Alyssa et son alter ego Bates (NDS.X : Faut-il y voir un clin d’œil à Norman Bates, propriétaire de l’hôtel du film Psychose ?) devront percer le mystère d’une troublante malédiction qui semble les toucher, ainsi que tous leurs proches et affronter le tout aussi mystérieux « Ghost Head ».

Bien que ce jeu soit estampillé Clock Tower, il n’en a que le nom, tant on est loin de l’histoire des deux précédents opus. De ses prédécesseurs, le soft n’en garde que le principe de jeu. Un Point ‘n Click où vous devrez fuir face au danger. Néanmoins, il faut bien avouer que la gestion des deux personnalités d’Alyssa est un plus non négligeable. Les deux facettes totalement opposées du personnage qui peuvent s’alterner permettent ainsi pas mal de retournements de situations plutôt délectables où le chasseur devient le gibier.
Toutefois, si l’un des points forts des premiers opus étaient de ne pouvoir se défendre (Pas du tout dans le premier, un peu dans le second), cet opus là dévie allègrement sur un style plus « silenthillesque » où vous pourrez prendre et utiliser une arme –du moins, uniquement Bates-. Une véritable hérésie dans cette série où le principe premier du jeu était justement de n’avoir aucune arme pour se défendre. Vous pourrez même débloquer un mode où le principe est de zigouiller du zombie à tout va. Quelle déchéance…

Ne crachons tout de même pas dans la soupe. Les principaux éléments sont toujours là : des courses poursuites, des cachettes et des musiques bien stressantes. L’idée de devoir switcher entre Alyssa et Bates pour faire évoluer le scénario est plutôt sympa. Malheureusement, côté technique, c’est toujours aussi catastrophique. La 3D est toujours aussi laide et cubique, bien que légèrement plus coloré que dans CT2. L’animation, elle, est un peu moins raide qu’avant.

Bref, ce « hors série » reste en deçà des ses prédécesseurs malgré de bonnes idées. Une meilleure réalisation technique lui aurait permis d’avoir une bien meilleure popularité auprès du grand public japonais et américain. Et oui, allez savoir pourquoi, ASCII a cru bon de ne pas réitéré la distribution du jeu en Europe, ne se limitant cette fois-ci qu’au seul marché U.S.
L’Europe restera t’elle donc le tiers monde du jeu vidéo ? Allez savoir…

Enfin, je terminerai cette présentation en donnant une mention spéciale au doubleur américain de Bates : Roger L. Jackson. Généralement, le doublage U.S. ne suinte pas la qualité, mais la voix de Bates donne une dimension plus importante au personnage : une voix suavement froide, une vraie voix de psychopathe comme on les aime.

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